CHAMBÉRY / Du théâtre à Ste Geneviève pour lutter contre les discriminations – DL du 29/05/2019

Pendant près d’une heure et demie, les collégiens ont débattu sur le thème des discriminations hommes-femmes

L’établissement mène depuis trois ans une initiative pour lutter contre les discriminations: des ateliers, animés par deux comédiens et une psychologue, pour échanger avec les élèves.

Pour lutter contre les discriminations, le lycée professionnel privé Sainte-Geneviève à Chambéry mise sur des ateliers innovants. Depuis trois ans, l’établissement invite deux comédiens spécialisés dans l’improvisation et une psychologue pour animer des conférences sur différents thèmes.

Cette année, ce sont les discriminations hommes-femmes qui ont été choisies. Les comédiens s’occupent de jouer des scènes de sexisme ordinaire, un patron trop insistant auprès de son employée ou un père peu impliqué dans l’éducation de ses enfants, et de son côté, Mélodie Rassat, la psychologue, anime le débat avec les élèves.

Plusieurs thèmes sont abordés : inégalités de salaire, harcèlement, tâches ménagères etc. « On essaie de caricaturer les situations pour faire rire ou choquer les jeunes qui nous regardent et de capter
leur attention » explique Pierre-Antoine Bouillon, comédien
de la troupe PDG & Cie. « Avec le théâtre, on peut faire
prendre conscience de petites choses » ajoute la psychologue. La

La recette semble faire effet, les élèves riant de bon coeur lorsque les acteurs miment un père incapable de se souvenir de l’adresse de la crèche de son enfant. « Moi je trouve ça bien » commente Thomas
Brun, 15 ans. « C’est intéressant, éducatif, préventif, ça montre bien le sexisme » explique le collégien qui assure « être déjà au courant » de ces problématiques. Mais l’atelier ne s’arrête pas là. Mélodie Rassat tente, ensuite, par une série de questions, de nouer un dialogue avec les élèves : comment réagir face au harcèlement ? Est-ce que la tenue vestimentaire peut justifier un comportement insistant ? Autant de questions auxquelles les élèves répondent avec bienveillance la plupart du temps. « Il y a une vraie évolution des mentalités […] par rapport à la génération de nos parents ou de nos grands-parents » analyse la psychologue.

La notion de préjugés n’est pas toujours acquise par les élèves» (une professeure)

Mais pour Barbara Poirier, professeure-documentaliste du lycée, « la notion de préjugés » n’est pas toujours acquise par les élèves. « Certaines filles ne veulent pas faire de métiers “techniques” car ils sont considérés comme réservés aux garçons » se désole l’enseignante. Comme elle, plusieurs de ses collègues se sont investis dans cette sensibilisation en proposant des questionnaires à leurs élèves. « Il y a des choses qu’on explique et qui sont parfois
oubliées quelques semaines après. Il faut répéter sans cesse » poursuit Barbara Poirier. Un travail de longue haleine est encore à faire, dans un pays où, au hasard, les femmes sont encore payées en moyenne 25 % de moins que les hommes à poste égal. Etienne MERLE

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